Pourquoi avoir intégré un bloqueur de pub à Vivaldi ?

Par Julien Picalausa.

Vivaldi 3.0 propose désormais nativement un bloqueur de publicités. Voici pourquoi nous avons franchi le pas, ainsi que quelques conseils pour aider vos sites web préférés à générer des revenus (malgré le blocage des publicités).

Illustration avec un homme et son portable à la main et une femme assise devant un ordinateur avec l'icône du bloqueur de pub en fond d'écran

Si vous suivez l’évolution de Vivaldi depuis un certain temps, vous savez que le bloqueur de publicités ne faisait pas vraiment partie de notre feuille de route.

En effet, nous avons souvent dit que les bloqueurs de publicités empêchent les sites web légitimes de générer des revenus, et nous vous avons toujours encouragé à les utiliser avec discernement.

Pourtant, nous avons ajouté un bloqueur de publicités à Vivaldi.

Voyons pourquoi nous en sommes arrivés là.

Du bloqueur de traqueurs au bloqueur de publicités

Tout est parti du développement du bloqueur de traqueurs de Vivaldi.

La liste EasyPrivacy, qu’il prend en charge en plus de la liste de blocage du radar Anti-Tracker de DuckDuckGo, nécessite la mise en œuvre de la plupart des fonctionnalités d’un bloqueur de publicités. En fait, il n’y a pas de différence technique entre bloquer des traqueurs à partir d’une liste et bloquer des publicités, avec d’autres listes.

Cependant, même avec la technologie en place, nous aurions pu nous arrêter là et ne pas offrir la possibilité de bloquer les publicités. Mais, alors que le travail avançait, deux événements se sont produits :

Premièrement, Google a confirmé son intention de supprimer certaines fonctions de l’API utilisée par plusieurs bloqueurs de contenus dans la version 3 du manifeste d’extension. À l’époque, nous avions promis de trouver une solution à ces restrictions.

Il aurait été délicat pour nous de conserver le support des anciennes extensions concernées (comme pour tout ce qui est supprimé de Chromium). En général, Google supprime la plupart du code dont dépend une fonction abandonnée et remanie tout ce sur quoi son code repose. Ainsi, après quelques versions, nous nous serions retrouvés avec un correctif bien compliqué à appliquer à chaque fois.

Deuxièmement, lorsque nous avons publié la version Bêta de Vivaldi pour Android, l’année dernière, nous avons bien compris que pour nos utilisateurs le blocage des publicités était indispensable sur un navigateur mobile. Les publicités augmentent le temps de chargement des pages et gaspillent de précieuses données. Un bloqueur de publicité est crucial si vous ne disposez pas d’un forfait illimité pour les données mobiles.

Avec la technologie de blocage des publicités choisie, la forte demande sur Android et l’équipe qui cherche une solution pour contourner « Manifest v3 », il était logique d’aller de l’avant et d’étendre le contrôle au blocage des publicités.

Il existe aussi quelques autres raisons pour lesquelles nous avons introduit le bloqueur de publicités dans Vivaldi.

Les extensions ne sont pas toujours la meilleure solution

Beaucoup d’entre vous utilisent déjà des bloqueurs de publicités sous forme d’extensions tierces, mais préféreraient que ce soit nous qui en assurions la maintenance. La plupart des extensions ont de bonnes intentions – et les extensions sont globalement une bonne chose – mais nous pensons que les fonctions natives sont à privilégier. Les extensions peuvent entrer en conflit les unes avec les autres, sans compter que certaines peuvent nuire à votre vie privée et à votre sécurité.

Trop de publicités utilisent des techniques de pistage

De nombreuses publicités en ligne utilisent la même technologie que les traqueurs Web. Elles sont basées sur des bouts de code qui peuvent être facilement exploités pour accéder à des informations sensibles sur l’utilisateur. Lorsque nous avons commencé à tester le bloqueur de traqueurs, nous avons remarqué qu’il bloquait de nombreuses publicités, ce qui était compréhensible, compte tenu de leur conception orientée « pistage ».

Les publicités peuvent agir comme des logiciels malveillants

Les sites Web ont rarement un total contrôle sur les publicités qu’ils hébergent. Les pubs leur sont proposées par des régies, et les sites web ne peuvent pas garantir leur intégrité. En fait, vous pouvez obtenir des logiciels malveillants par le biais de publicités hébergées sur des sites web parfaitement fiables.

Tout cela met tout le monde dans une situation délicate.

Illustration montrant le bloqueur sur Android

Comment aider les sites web à continuer à générer des revenus ?

Une grande majorité de sites Web subsistent grâce à la publicité en ligne. Des millions de sites Web, des petits blogs personnels aux sites les plus connus, dépendent des recettes publicitaires pour fonctionner.

De nombreux sites que vous visitez quotidiennement peuvent souffrir lorsque les bloqueurs de publicités sont majoritairement activés.

Mettez-vous à la place de vos sites Web préférés. Vous souhaitez sans nul doute qu’ils continuent à produire les contenus que vous appréciez. Et vous ne souhaitez pas forcément les empêcher de générer des revenus.

Heureusement, il existe des moyens de le faire :

✔️ Soutenez les sites que vous visitez régulièrement en leur faisant un don direct.

✔️ Désactivez les bloqueurs sur les sites Web auxquels vous accordez une certaine confiance et dont les publicités ne sont pas trop gênantes. Bien que ce ne soit pas l’option par défaut de Vivaldi, vous pouvez bien sûr choisir un paramètre de blocage global à tous les sites mais, en utilisant l’icône « bouclier » dans la barre d’adresses, vous pouvez le modifier site par site.

✔️ Consultez les politiques de confidentialité des sites Web pour savoir comment ils travaillent avec leurs partenaires publicitaires. Certains sites demandent aux utilisateurs de bloqueurs de publicités de créer un compte, ou de s’abonner, ou de s’inscrire pour déverrouiller les contenus, au lieu d’autoriser les publicités.

Gardez à l’esprit que, pour de nombreux utilisateurs, le seul bloqueur de traqueurs offre déjà une protection tout à fait satisfaisante. Il empêchera le pistage ainsi que les pires types de publicités, celles avec du « tracking ». En même temps, il permettra aux sites de générer des revenus et de rester dans la partie. Vous avez le choix, pour chaque site, entre « Pas de blocage », « Bloquer les traqueurs » ou « Bloquer les traqueurs et les publicités », faîtes le bon :).

L’un de nos utilisateurs, @Hexianpeel, nous l’a très bien expliqué :

« Aujourd’hui, je voulais prendre un peu de mon temps pour vous remercier tous, chez Vivaldi, d’avoir changé d’avis sur le blocage des publicités. Je sais que vous avez été réticents à ce sujet, que vous ne vouliez pas nuire au financement des « bons sites web » par des décisions drastiques telles que le blocage des publicités et des traqueurs. Cela ne vous plaît peut-être pas de changer complètement d’avis et de mettre en place une solution de blocage des publicités, mais aujourd’hui, il est malheureusement nécessaire de nous offrir au moins le choix ».

Cela résume justement la situation : En fin de compte, vous pouvez choisir la manière dont les sites s’affichent et ce qu’ils savent sur vous. C’est notre philosophie chez Vivaldi. Nous croyons fermement que vous devez toujours avoir le dernier mot.

Et vous, que pensez-vous du bloqueur antipub ?

2 replies on “Pourquoi avoir intégré un bloqueur de pub à Vivaldi ?”

  1. Enfin un bloqueur de publicité qu’on peut désactiver par défaut et activer au cas par cas !
    J’ai toujours trouvé idiot de bloquer les publicités systématiquement, au début on pense à désactiver le bloqueur sur les sites qui n’en abusent pas et qu’on veut soutenir, mais on oublie vite.
    Avec celui-ci c’est le contraire, on laisse les publicités partout et quand c’est abusif, on bloque.

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